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17/12/2009

1H37 GMT.

L’heure à laquelle la Terre a tremblée…

50 secondes qui me ramènent 3 ans en arrière… Au Liban, une nuit du 14 au 15 juillet, une nuit où j’ai cru mourir sous des obus israéliens…

Trois années à essayer à passer à autre chose. Réellement, la première année, j’étais encore traumatisée, le choc post-traumatique qu’ils appellent ça… Tu vis dans une bulle, tu fais des cauchemars plus vrais que nature, tu sursautes à chaque grand boum, et quand y’a de l’orage tu pleures comme une gamine….


L’onde sismique de cette nuit était impressionnante certes. Surtout que l’immeuble a bien tremblé et que le bruit était aussi effrayant. Mais au final pas de dégâts, heureusement.

C’était pas non plus la fin du monde car personne n’a vraiment paniqué. Les gens sont sortis dehors, comme à chaque fois qu’il se passe un truc, et les voisins étaient détendus, souriants.

Pour ma part j’ai couru dehors en pyjama, à pieds nus… Et puis quand je me suis calmée, que j’ai séché mes larmes et que j’ai arrêté de trembler comme une feuille morte, j’ai fais ce constat de merde : non, je ne me suis pas remise de cette nuit du 14 au 15 juillet 2006.

C’est juste que ce bruit, ce tremblement, cette peur, m’a replongés dans cette sensation que ta vie va finir, que le plafond va s’écrouler sur ta tête, et que tu vas passer dans un autre monde… ou pas.

Le sol se dérobe sous tes pieds, tu sens tes os trembler, tu as chaud comme si ton sang était de la lave en fusion traversant tout ton être.


Il y a des souvenirs qui restent dans ta tête, et d’autres qui restent dans ta chair… Je viens de le comprendre.


Et mon mari qu ne savait pas quoi faire pour me calmer.


Cette nuit je n’ai pas dormi, j‘étais à l’affût d’une nouvelle onde, à guetter ce grondement souterrain qui se rapproche progressivement.

Comme en 2006, j’ai d’abord cherché une explication logique : ainsi de même que j’avais assimilé le 1er bombardement à « un camion retourné sur la route »,  le grondement qui arrivait cette nuit et qui faisait vibrer les vitres était pour moi « une moto trop puissante qui venait chercher quelqu’un »…


Finalement ce séisme a été anecdotique, juste un nouveau sujet de conversation pour les gens aujourd’hui.

Mais pour moi, ça a été un coup de massue.


Ici c’est les vacances scolaires, et comme il y a un rayon de soleil, les enfants jouent dehors… ça rigole, ça crie, ça chante…

Pour ma part je tremble encore…


Dimanche je rentre en France, et c’est pas plus mal. Je dois me calmer, refaire ce travail sur moi.

Me détendre, oublier, ré-enfouir tout ça bien au fond de mon cerveau.

 


Demain est un autre jour.