Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/11/2011

Plus bleu que tes yeux.

J'ai crié, j'ai pleuré, et j'ai encore pleuré. J'y ai pas vraiment cru et j'ai nié intérieurement jusqu'au bout.

Papa est venu me chercher parce que toute seule en pleine nuit ça le faisait pas trop, et une fois à la maison je me suis assise et on a tous attendu. Je suis pas montée tout de suite. Mais je savais qu'elle était là.

Ils sont venus la chercher, alors là je suis montée. Je l'ai vue. C'était irréel. Le monsieur était gentil, et il m'a dit qu'elle serait mieux après. Et il m'a souhaité "bon courage".

Tu le savais toi qu'ils mettaient les gnes dans des grands sacs en plastique blancs comme dans les films? Moi je savais pas...

Et puis les jours ont passé. des jours où j'étais à 100 à l'heure, et des nhuits sans sommeil. Pas moyen de dormir à lamaison... Bah oui tu sais, ma chambre est au même étage que la sienne. Et mon cerveau qui me fait entendre le bruit de ses pas... Et moi qui espère qu'elle m'appelle...

Et puis je suis allée la voir dans le "salon" et mon cerveau me faisait croire qu'elle respirait. J'ai rien dit à personne mais mon cerveau m'a fait voir qu'elle respirait, que ses jambes bougeaient et puis j'ai encore espéré secrètement qu'elle ouvre les yeux. Je l'ai pas touchée, je lui ai pas parlé.

J'y suis rentournée. Et cette fois-ci je savais qu'il fallait vraiment dire au revoir. Même si j'étais pas aussi sure que les autres qu'elle était morte, le fait était que dans cette réalité à laquelle appartiennent tous ces gens autor de moi ils allaient l'enfermer dans ce beau cercueil en chêne et puis qu'on pourrait plus jamais la voir en vrai. Alors je lui ai dit de vive voix au revoir; je lui ai demandé pardon; et je lui ai dit que je l'aimais. Je sais pas dans quel ordre et je sais pas combien de fois. Elle s'était toujours pas réveillée.

Et puis j'ai mis les boucles d'oreilles en nacre de mon arrière-arrière grand-mère, j'ai mis cette nouvelle robe noire et puis mon manteau noir, et mon espèce de pancho-plaid noir et j'ai suivi tout le monde.

J'ai réussi à lire le message que j'avais écrit pour elle, même si je tremblais comme une feuille et que je tenais pas bien sur mes jambes. J'ai monopolisé l'organisation de la messe mais rien à foutre. Au final la musique était belle et les textes aussi. De l'otpimisme, de la sobriété et puis Piaf: tout ce qu'elle aurait aimé.

Tu le savais toi que, comme pour les mariages, les enterrements sont aussi des moments où les gens pensent qu'à leur geuele, se parent de leur plus bel orgeuil, et espèrent qu'une seule chose c'est qu'on leur rende hommage à EUX? Moi non je savais pas... Et dommage pour eux, j'était pas diosposée à respecter les usages.

Et puis j'ai encore suivi tout le monde. Sauf que moi j'ai pas tourné le dos au cercueil quand ils l'ont mis dans la terre. En fait, c'est pas comme au cinéma, c'est moins choquant... Enfin je crois.On a du redire le Notre Père, moi j'aurais préféré dire le Je Vous Salue Marie. Alors j'ai rien dit.

Et une frction de seconde je voulais pas partir, je voulais pas la laisser seule parce qu'elle auait vraiment trop froid au cimetière, surtout la nuit... Et puis que les autres ils sont morts depuis longtemps eux... Alors qui lui tiendrait compagnie? Qui lui ferait la conversation? Et puis la seconde est passée (je crois) et j'ai encore suivi les autres pour aller boire du rosé et manger des sandwichs.

Et maintenant... je crois que je suis censée continuer. Jveux dire continuer la vie. Chercher du boulot, payer des factures et un jour, peut être, envisager de procréer et d'acheter une baraque.

Sauf que, c'est pas sure que ce soit si facile.

Pasque 24 ans avec elle c'eet pas assez.

Pasque j'avais préparé le cd d'edith Piaf pour lui faire écouter dimanche dernier, en espérant lui faire plaisir. En espérant pouvoir communiquer au travars de la musique.

Sauf que maintenant elle est plus là. Et qu'on la verra plus jamais.

Et qu'on peut rien y faire. Même en déplacant une montagne, ce que je serais capable de faire.

 

Commentaires

Je n'arrive pas à savoir si tu parles de ta grand-mère, ta maman ou ta soeur, mais je trouve ton texte terriblement touchant. Toutes mes condoléances et j'espère que tu arriveras à surmonter ton chagrin. Je t'embrasse

Écrit par : Emilie | 24/11/2011

Merci beaucoup Emilie. Il s'agit de ma grand-mère.

Écrit par : Juliette | 24/11/2011

Toutes mes condoléances, je te souhaite que le chagrin laisse vite place aux bons souvenirs passés avec elle.

Écrit par : Fofita | 29/11/2011

Merci beaucoup.

Écrit par : Juliette | 10/12/2011

Les commentaires sont fermés.